Zimperium, spécialiste de la sécurité mobile basée sur l’IA, a publié son rapport Global Mobile Threat 2026, qui conclut que l’intelligence artificielle accélère la vitesse, l’ampleur et la sophistication des attaques mobiles bien plus rapidement que les entreprises n’adaptent leurs capacités de défense.
Le phishing mobile démultiplié par l’IA
Selon le rapport, les incidents de phishing détectés sur les appareils mobiles des employés ont augmenté de 380 % depuis janvier 2025, tandis que le nombre d’appareils depuis lesquels un utilisateur a cliqué sur un lien malveillant a progressé de 110 % en 2025 par rapport à l’année précédente. L’IA serait désormais capable de générer des contenus de phishing jugés 4,5 fois plus convaincants que ceux rédigés par un humain, et près de 86 % des attaques de phishing contiendraient déjà des éléments générés par l’intelligence artificielle.
Spywares et Shadow AI en forte hausse
Les logiciels espions continueraient également de proliférer sur les terminaux professionnels : ils seraient désormais présents sur près d’un appareil mobile sur dix, soit une multiplication par plus de quatre en un an, donnant aux attaquants davantage d’opportunités de dérober des identifiants, de surveiller les communications et d’accéder à des données sensibles d’entreprise.
Au-delà des menaces externes, les entreprises feraient face à un risque interne croissant : l’adoption de l’IA dans les applications mobiles aurait été multipliée par 14, une dynamique de « Shadow AI » qui échappe souvent aux dispositifs de gouvernance existants.
Le « vibe coding », un risque applicatif émergent
Le rapport pointe également la montée du code généré par IA (« vibe coding ») dans le développement d’applications mobiles : d’ici 2027, 25 % des défauts logiciels pourraient être imputables à du code généré par l’IA, contre moins de 1 % en 2023 — ce qui souligne, selon Zimperium, l’importance d’intégrer la sécurité tout au long du cycle de vie de l’application, avant l’entrée en production.
Une surface d’attaque encore mal protégée
Pour Zimperium, les appareils et applications mobiles sont devenus essentiels au fonctionnement des activités, à la confiance des clients et aux opérations critiques, dans le secteur privé comme au sein des administrations. Pourtant, le mobile resterait, dans la plupart des cas, la surface d’attaque la moins protégée. L’IA ayant considérablement abaissé les barrières à l’exploitation des vulnérabilités mobiles, le niveau de sophistication et le volume de menaces anticipés à cinq ans seraient déjà une réalité aujourd’hui.
Les campagnes observées par l’équipe de recherche zLabs de Zimperium mobiliseraient également un nombre croissant de techniques MITRE ATT&CK, certaines campagnes combinant 40 à 50 techniques différentes.