Du 15 juillet au 30 septembre 2026, la startup française Moderering met gratuitement à disposition des agences gouvernementales françaises et européennes son moteur d’intelligence artificielle de détection de contenus illicites en ligne. L’annonce vise à répondre à ce que l’entreprise décrit comme un déséquilibre structurel entre le volume de contenus à surveiller et les moyens humains dont disposent les autorités.
Un constat chiffré préoccupant
Selon les chiffres cités par Moderering, 125 000 victimes d’atteintes numériques ont été enregistrées en France en 2024 (INSEE), les violences en ligne représentant désormais 12 % de l’ensemble des atteintes à la personne. Les signalements de sextorsion auraient augmenté de +1 955 % entre 2022 et 2024 (OFMIN / IRJS 2025).
L’entreprise pointe également un manque de moyens côté institutionnel : environ 50 agents affectés à la plateforme PHAROS pour plus de 100 000 signalements par semestre, et 5 magistrats à la section J3 du tribunal judiciaire de Paris pour traiter des milliers de dossiers nationaux.
Des plateformes qui réduisent leur modération humaine
Moderering souligne aussi un mouvement de fond chez les grandes plateformes : TikTok aurait supprimé plus de 4 000 postes de modérateurs humains entre 2025 et 2026 au profit de l’automatisation, revendiquant que 85 % des retraits de contenus sont désormais automatisés — ce qui, selon l’entreprise, réduit la coopération avec les autorités françaises.
L’entreprise cite également une enquête de la BBC selon laquelle Meta aurait diffusé sur Instagram des publicités payantes pour des contenus illicites en Inde, et un jury américain ayant condamné le groupe à 375 millions de dollars en mars 2026 à ce sujet.
Le point de vue du fondateur
Pour Alexandre Sossou, fondateur et CEO de Moderering : « Dans chaque affaire, le même constat : internet sert de terrain de chasse. Les crimes se préparent sur nos réseaux, se commettent et se diffusent en ligne. L’intelligence artificielle ne peut pas interpréter, décider ou poursuivre — mais elle peut détecter à une échelle que l’humain seul ne peut pas atteindre. »
Qui peut bénéficier de l’offre
L’offre s’adresse à l’ensemble des opérateurs publics et agences gouvernementales françaises et européennes en charge de la surveillance des contenus en ligne, sans condition dès lors que leur mission touche à la détection, au signalement ou à la poursuite de contenus illicites. Moderering cite notamment comme éligibles : l’ARCOM, l’OFAC (Office anti-cybercriminalité de la Police nationale), PHAROS, le C3N de la Gendarmerie nationale, le ComCyber du ministère des Armées, la section J3/JUNALCO du tribunal judiciaire de Paris, et Europol/EC3 au niveau européen.
Moderering annonce une procédure d’accès en trois étapes, sans démarche administrative lourde.
Une démonstration proposée aux journalistes
L’entreprise propose également aux journalistes souhaitant documenter le sujet une démonstration en conditions réelles de sa solution : contenus identifiés en temps réel, typologies de violations détectées, vitesse de traitement et comparatif avec les systèmes de modération des plateformes.
À propos de Moderering
Créée en 2024 par Alexandre Sossou, Moderering est une startup européenne spécialisée dans la détection et la modération automatisée de contenus illicites en ligne. Sa technologie s’appuie sur des agents IA capables d’analyser des contenus, des signaux publics et des échanges, avec l’objectif de limiter l’exposition humaine aux contenus traumatisants. Pensée pour s’inscrire dans le cadre réglementaire européen (dont le Digital Services Act), l’entreprise s’adresse aux plateformes hébergeant des contenus générés par les utilisateurs ainsi qu’aux acteurs publics chargés de la sécurité numérique. Moderering est incubée par Agoranov et soutenue par l’écosystème French Tech, Empow’Her, Diversidays et Bpifrance.
Plus d’informations : moderering.com