La société de cybersécurité Surfshark a identifié un réseau de 39 faux groupes Facebook, totalisant plus de 220 000 membres, qui se font passer pour des services clients, de réclamation ou de remboursement de grandes compagnies aériennes, et qui rançonnent des voyageurs déjà frustrés par des vols annulés. « Les escrocs se nourrissent des émotions. Un passager frustré est une cible idéale », alerte Tomas Stamulis, cité dans l’analyse.
Une communauté factice mise en scène
Selon Surfshark, ces faux groupes Facebook publient photos, noms complets et récits de mésaventures de voyage destinés à donner l’illusion d’une communauté active et légitime. L’enquête a été déclenchée par la mésaventure d’une collaboratrice de Surfshark, dont les vols avaient été annulés à deux reprises en 48 heures, à la veille de son départ en vacances. Après des tentatives infructueuses auprès des canaux officiels de sa compagnie (chatbot, téléphone), elle s’est tournée vers un groupe Facebook rassemblant apparemment des passagers mécontents de la même compagnie, où elle a rapidement été contactée par une personne se présentant comme un membre du service client — avant de comprendre qu’il s’agissait d’une tentative d’escroquerie.
14 des 15 plus grandes compagnies aériennes d’Europe usurpées
L’équipe de recherche de Surfshark a ensuite passé au crible ces groupes Facebook usurpant l’identité de compagnies aériennes : 14 des 15 plus grandes compagnies aériennes d’Europe seraient visées par au moins un faux groupe. Les chercheurs ont testé le mécanisme en se faisant passer pour un passager d’un vol annulé, avec une identité fictive générée via l’outil Alternative ID de Surfshark, sans communiquer de donnée réelle.
Leur interlocuteur, se présentant comme « George Harrison Customer Care », aurait insisté pour que le chercheur reste en ligne sans raccrocher — une technique de pression classique visant à empêcher la victime de prendre du recul ou de vérifier l’information sur le site officiel de la compagnie. Il lui aurait ensuite été expliqué qu’il devait envoyer l’argent de son remboursement pour qu’un nouveau billet lui soit réservé, avant d’être invité à remplir un formulaire Google collectant nom complet, date de naissance, adresse postale, numéro de téléphone et coordonnées bancaires, puis à télécharger l’application de transfert d’argent WorldRemit avec un mot de passe imposé par le faux « agent ».
Surfshark rappelle qu’un remboursement légitime est toujours reversé sur le moyen de paiement d’origine, jamais via une demande de transfert d’argent au voyageur. Les groupes identifiés seraient très récents, âgés de dix semaines en moyenne.
Les recommandations de Surfshark aux voyageurs
Surfshark recommande de n’utiliser que les canaux de contact officiels listés sur le site de la compagnie aérienne, de prendre le temps de réfléchir avant d’agir (en particulier sous le coup du stress ou de la colère), et de vérifier que ses informations personnelles ne sont pas exposées publiquement sur les réseaux sociaux, en évitant de les partager dans des groupes publics.
Méthodologie
L’analyse porte sur 39 groupes Facebook identifiés comme usurpant des canaux de support client, de réclamation ou de remboursement de grandes compagnies aériennes européennes. Les données ont été collectées le 29 juin 2026. Les groupes couvrent 19 marques aériennes appartenant à 15 des plus grands groupes aériens d’Europe par volume de passagers en 2025.